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Sources 27150 Martagny

Mis à jour le
270001 Gisors et son canton ( Eure ) Statistiques. Histoire ( Pages 253 à 255 )
Martagny

Ce nom peut provenir de quelque seigneur appelé Martin ou Martain ; certains antiquaires disent que plusieurs pierres druidiques servant d'autels ont conservé le nom de Marte, Martel, Martini ; qu'il devait exister un autel de ce genre près de la rivière, et que l'on aura donné son nom au pays ; Marte, auprès de l'eau, Martagny.

De très-anciens titres portent Martinvilla ; une charte de 1146 contient Martiniacum ; Martegny, d'après le pouillé d'Eudes Rigaud, Martigny d'après celui de Raoul Roussel.

Un sire Geoffroy de Martenni fut chassé d'Angleterre sous le règne de Jean Sans Terre, en 1215, après la signature de la grande charte.

Robert le Veneur, seigneur de Bézu-la-Forêt et de Martagny, avait abandonné aux habitants, avant 1306, cinquante arpents de terre dans les landes des deux paroisses pour la pâture des troupeaux : « Pro communibus pascuis hominum de Bezuto et Martigniaco. »

La terre de Martagny est passée ensuite aux seigneurs de Tourville, puis à ceux de la Lande ; enfin, au commencement du dix-huitième siècle, elle appartenait au seigneur de Mainneville, qui l'avaient fieffée à divers particuliers.

Martagny était le siége d'un quart de fief de haubert dont Jehan de la Roche rendit aveu au roi, en 1404.

« Advoue à tenir nuement en foy et hommaige lige du roy à cause de son chastel et chastellenie de Lyons, ou baillage et vicomté de Gisors, ung quart de fief de haubert assis en la paroisse de Martegni et les appartenances auquel quart de fief partient ung moulin, coulombier, vingt arpens de boys, trente-huit masures ou environ; item, six liv. huit sols de rente ou environ qui sont deubz au terme de Noël par chacun an ; item vingt ung chappon deuz au dit terme de Noël; item, neuf vingts œufz au terme de Pasques, etc. »

Au milieu du seizième siècle, un sieur Jean Cottin, né à Martagny, qui avait embrassé la doctrine de Calvin, voulut, après avoir été disciple, prêcher à son tour. Il choisit Rouen pour théâtre de ses exploits et assembla les sectateurs de l'hérésie dans les plaines de Saint-Julien ; là il annonça : « qu'il avait commandement de Dieu, de mettre à mort les méchants princes, et qu'il avait pour assuré témoignage de ses révélations une promesse de ne mourir qu'auparavant il n'eût fondé un nouveau monde, exhortant tous les fidèles à prendre les armes1.

Plusieurs fanatiques ajoutèrent foi à ces folies et, afin de les détromper, le parlement de Rouen fit saisir Jean Cottin et le condamna à mort avec deux de ses amis. Il fut brûlé et ses amis pendus à ses côtés, en 1559.

L'église de Martagny est sous le vocable de saint Vincent. En 1493, le seigneur de Tourville présentait à la cure ; en 1648, le patronage appartenait au seigneur de la Lande. Ce n'est qu'à partir de 1704 que ce droit passa au seigneur du lieu.

C'était autrefois une paroisse du diocèse de Rouen, de l'archidiaconé du Vexin normand, du doyenné et du baillage de Gisors, mais de la vicomté de Lions.

Aujourd'hui c'est une commune du canton et du doyenné de Gisors. Son territoire, qui a la forme d'une hache, est situé à l'extrémité nord du canton ; il est limité par la forêt de Lions, Mesnil-sous-Vienne et Bézu-la-Forêt ; sa plus grande étendue est de l'est à l'ouest ; enfin il est sillonné par quatre vallées qui toutes viennent aboutir sur une cinquième qui est la principale, dans laquelle coule la Lévrière.

La population, d'après le dénombrement de 1866, est de 372 habitants. Elle a diminué de 17,14 pour 100 en 25 ans ; il y a chaque année une naissance naturelle sur 13,80 légitimes.

Martagny possède une maison d'école mixte et un presbytère. Cette commune dépend de la perception et du bureau de poste de Mainneville ; sa distance du chef-lieu de canton est de 20 kilomètres.

On y filait autrefois la laine et le coton, mais cette industrie est aujourd'hui abandonnée ; les hommes se livrent à la culture ; 86 femmes ou jeunes filles fabriquent de la dentelle, des gants et de la tapisserie.

Les annexes sont le Bord du bois, les Deniers, la Rouge-Mare, les Simons et la vieille Verrerie2.

Cette commune est traversée par le chemin de grande communication n° 2.

Sous le rapport de l'instruction, la population se divise ainsi qu'il suit :

Ne sachant ni lire ni écrire 29.30 p. % Sachant lire seulement 27.30 - Sachant lire et écrire 42.40 - Total... 100 »

En 1836, 18 garçons et 12 filles seulement fréquentaient l'école, et l'on compte, au 1er janvier 1867, 18 garçons et 23 filles qui reçoivent l'instruction primaire, 3 garçons et 1 fille de 7 à 13 ans ne vont pas à l'école.

La contenance cadastrale du territoire est de 434 hectares.

270002 Histoire et géographie du département de l'Eure ( Page 186 )
Martagny.

372 habitants, école, céréales, filage de laine et de colon, fabrication de dentelles.

Quart de fief de haubert. L'exploitation de l'ancienne verrerie de Martagny conférait la noblesse.