Le chef-lieu se trouve placé entre la route de Paris à Dieppe et la rivière, dans une jolie situation. Son nom doit venir de Boscivilla, village de bois, à cause de sa situation sur le bord de l'ancienne forêt des Sept villes de Bleu ; un hameau qui en dépend et qui s'appelle le hameau du Bosc, vient à l'appui de cette étymologie. Il est tour à tour, au moyen âge, dénommé Boucheviler dans le pouillé d'Eudes Rigaud, et Bouchinviler dans le cartulaire blanc de Saint-Denis.
Un sieur Gautier de Bouchevilliers avait fait des donations à l'église, et l'archevêque Rotrou les confirma en 1275.
Le 19 mai 1527, Suzanne de Guisencourt, fille de Nicolas de Guisencourt, seigneur de Bouchevilliers, épousa Philippe de Roncherolles, baron d'Heuqueville et du Pont Saint-Pierre, seigneur de Mainneville, auquel elle apporta en mariage la terre de Bouchevilliers et ses dépendances.
Lorsque Louis-Benoit Dauvet fit l'acquisition de la terre de Mainneville, la seigneurie de Bouchevilliers, qui en dépendait, ne fut pas comprise dans l'acte de vente, passé devant les notaires du Châtelet, le 18 février 1711 ; aussi Michel de Roncherolles la vendit à un sieur Marion, en l'année 1720, et Marion la revendit lui-même à un sieur Lebègue ; mais Mme la marquise de Dauvet clama la terre de Bouchevilliers au nom de ses enfants, en qualité de seigneurs de Mainneville, sur le sieur Lebègue qui en passa contrat de délai en 1734.
Une grande partie de cette terre est ensuite passée à la famille de la Myre qui la possède encore aujourd'hui.
La paroisse de Bouchevilliers faisait partie du diocèse de Rouen, de l'archidiaconé du Vexin normand et du doyenné de Gisors, du gouvernement de Normandie et de celui de l'Ile-de-France, du parlement et de la chambre des comptes de Paris et Rouen, des baillages de Senlis et de Gisors, de la vicomté de Gisors, de la chatellenie de Chaumont et de l'élection de Chaumont et de Magny ; son église, bâtie à mi-côte est complètement isolée et placée sous le vocable de saint Ouen ; le seigneur du lieu présentait à la cure. C'est aujourd'hui une commune du canton Gisors, du diocèse d'Evreux.
Les dépendances sont le hamel ou hameau du Bosc et les deux fermes les Margottes et le Campadam.
La ferme des Margottes existait en 1272, elle est nommé Margode dans un bail à vie qui en fut fait par l'abbé de Saint-Denis à Jean de Gamaches, chanoine de la cathédrale de Rouen. En 1284, lorsque Guillaume Caletot échangea différentes terres avec les moines de Saint-Denis, il convint : quod magister Johannes de Gamachiis les Margotes tenebit quam diu vixerit1.
La Gazette de Normandie du 26 janvier 1834 donne l'explication suivante du nom Campadam que porte l'autre ferme : « En 912, quand l'Epte fut donnée pour limites par Charles le Simple, au nouvel état qu'il venait de concéder aux conquérants du Nord, là, fut établi un camp aux Danois, d'où l'on pouvait dominer une partie de la nouvelle frontière, la défendre et la reculer peut-être. »
Cette ferme appartenait, en 1550, à la famille de Belloy dont un descendant, Charles de Belloy, la vendit à Pierre de Roncherolles, seigneur de Mainneville et de Bouchevilliers, par contrat du 30 août 1608. Elle fut le sujet d'un très-long procès entre le prieur de l'abbaye de Neufmarché et M. Louis-Benoit Dauvet, seigneur de Mainneville, qui finit par avoir gain de cause.
La population de la commune de Bouchevilliers était de 165 habitants en 1841, elle n'est plus, d'après le dénombrement de 1866, que de 135, il y a donc une diminution de 18,18 pour 100 ; on compte une naissance naturelle sur 3,58 légitimes. 44 pour 100 des habitants ne savent ni lire et écrire, 7 pour 100 savent seulement lire, et 49 pour 100, moins de moitié, savent lire et écrire ; nous voyons encore ici que la diminution de la population, l'immoralité et l'ignorance sont unies par des liens intimes.
La presque totalité des habitants est employée à la culture, quelques femmes seulement se livrent à la fabrication de la dentelle et de la tapisserie.
La commune de Bouchevilliers possède une maison d'école et une mairie réunies, quelques hectares de biens communaux et un presbytère ; elle dépend de la perception et du bureau de poste de Mainneville ; les habitants fréquentent les marchés de Gisors et de Gournay ; enfin sa contenance territoriale, en terres labourables, prés et herbages, bois, oseraies et aulnaies, friches, cours, jardins, sols, chemins, etc., est de 428 hectares.