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270001 Gisors et son canton ( Eure ) Statistiques. Histoire ( Pages 167 à 168 )
Authevernes

On est peu d'accord sur l'étymologie de ce nom : les uns veulent le tirer du celtique wern, hauteur, auquel les Romains auraient ajouté l'épithète altus, d'où serait venu Altaverna, Authevernes; d'autres, à l'opinion desquels nous nous rangeons volontiers, disent simplement que le nom primitif était alta avena ou avesna, campagne élevé dans laquelle on ne pouvait cultiver que de l'avoine.

Dans une charte du douzième siècle, on lit Altavesna et dans le pouillé d'Eudes Rigaud Autaverna ; enfin on trouve au treizième siècle, dans une charte, Autevesne.

Le territoire de cette commune, situé à l'extrémité sud du canton, a la forme d'un marteau dont la tête s'enfonce entre les communes de Vesly et de Guerny ; il est sillonné par des vallées assez profondes ; son altitude maxima au-dessus du niveau de la mer est de 148 mètres.

Le chef-lieu, à peu près central, est bâti sur la pente d'un coteau rapide, au pied duquel se trouve une belle fontaine; la route impériale n° 14, de Paris au Hâvre, passe à très-peu de distance.

Comme dépendances de cette commune, on compte les fermes de la Chartreuse, du Fort et de la Guérite, ainsi nommées : la première, parcequ'elle a été construite par les Chartreux de Gaillon, et les deux autres à cause de l'épaisseur de leurs murailles et de disposition de leurs bâtiments, et probablement, surtout à cause de leur destination primitive.

Deux maisons isolées appelées la Côte et le Télégraphe, ainsi que le Château de Bois d'Ennemets, sont également situées sur le térritoire d'Authevernes.

Vers 1060, l'église de cette commune, dédiée à Notre-Dame, fut donnée à l'abbaye de la Sainte-Trinité du Mont Sainte-Catherine près Rouen, par Richard et Roger, fils d'Herlain Sénéchal et d'Ada. Cette donation fut confirmée par Guillaume de Tourny, seigneur d'Authevernes au douzième siècle.

Authevernes était primitivement un fief dépendant de la seigneurie de Tourny.

Au commencement du treizième siècle, nous voyons, d'après le Registrum Philippi Augusti que Guillaume Bennart, de Auteverne, tenait de l'abbé de la Trinité du Mont Sainte-Catherine : unum quarterium feodi militis de plenis armis.

Le 10 août 1236, Gilbert Bengnart, d'Authevernes, donne aux Templiers de Bourgout le tiers des ropriétés qu'il possédait, entre l'Epte et l'Andelle, excepté 11 acres de terre et une masure, située auprès de l'église d'Authevernes.

Au dix-septième siècle, le fief d'Authevernes appartenait aux Chartreux de Gaillon qui avaient été mis en possession des biens des Templiers, et qui présentaient à la cure.

En 1743, Daniel, chevalier de Bois d'Ennemets, mestre de camp de cavalerie, prenait le titre de seigneur d'Authevernes.

L'étymologie de Bois d'Ennemets est assez controversée : les uns lui donnent une origine celtique et le tirent de drest, chêne et de nemet, temple ; c'est-à-dire temple ou monument druidique élevé sous des chênes.

Pour d'autres, ce nom voudrait dire bois consacré à Némésis. Du temps de Philippe Auguste, c'était un fief dépendant de Tourny.

En 1555, Jacques Daniel de Bois d'Ennemets était président à mortier au parlement de Rouen.

Sous Louis XIII, Daniel de Bois d'Ennemets, favori de Gaston d'Orléans, frère du Roi, fut tué en duel à Venise, en 1627, par un autre français nommé Juvigny ; il est l'auteur des Mémoires d'un favori de S. A. R. M. le duc d'Orléans.

La famille de Bois d'Ennemets existe toujours et le marquis de Sainte-Foy, un des descendants par sa mère, habite le château.

Authevernes était autrefois une paroisse du diocèse de Rouen, de l'archidiaconé du Vexin normand, du doyenné de Beaudemont, du baillage et de l'élection de Gisors ; aujourd'hui, pour le civil et le religieux, cette commune dépend de Gisors.

C'est la patrie de Gasse, musicien distingué, mort en 1812, de M. Boullenger, ancien conseiller à la cour d'Orléans.

La population qui, en 1841, était de 300 habitants, est actuellement réduite à 250, soit une diminution annuelle de 2 habitants. On compte 35 maisons couvertes en tuiles et ardoises et 51 en chaume.

32 pour 100 des habitants ne savent ni lire ni écrire, 6 pour 100 savent lire, le surplus sait lire et écrire.

Le service de la poste aux lettres se fait par le bureau des Thilliers.

Pour les contributions directes Authevernes, est attaché à Dangu, et pour les contributions indirectes à Tourny.

La commune possède un presbytère, et une maison d'école qui renferme la mairie ; son territoire comprend 1149 hect. 03 a. 43 cent., savoir : 724 hect. 90 a. 77 cent. de terres labourables, 115 hect. 42 a. 92 cent. de prés et herbages, 278 hect. 11 a. 70 cent. de bois et oseraies, 23 hect. 31 a. 73 cent. de friches, 25 a. 21 cent. de pièce d'eau, 7 hect. 10 cent. de cours, sols, bâtiments et jardins, et 24 hect. 7 a. de routes, chemins etc.

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Authevernes.

250 habitants, école, céréales.

Le nom primitif est Alta-Avena ou Avesna. Le sol léger de cette commune qui a une altitude élevée, ne produit guère que de l'avoine. Authevernes était,une dépendance de la chartreuse de Gaillon. Ferme-du-Fort, très-ancienne et très-remarquable par l'épaisseur des murs.